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Publié le 23/09/2011 | 20:46Par Anne BRIGAUDEAU ?
Stéphane Audeguy
Photo C. Hélie/Galllimard Prêt à tomber dans des failles spatio-temporelles ? A s'engouffrer dans un roman qui a Rome pour décor et sujet ?Réflexion sur le temps, l'histoire, le cinéma et la beauté d'une ville, le dernier Stéphane Audeguy peut dérouter les lecteurs.
Mais aussi les fasciner, les enchanter, les enfermer?de la première à la dernière ligne dans ce "Rom@" où se bousculent et se heurtent les époques.
Le thème de cette fiction fantastique où la ville éternelle parle à la première personne ? La finale d'un jeu vidéo (baptisé "Rom@") qui voit ?s'affronter dans la capitale italienne?l'Indien "Nano" et l'Italien "Delenda".?
Mais le jeu?n'est qu'un prétexte pour parler de toutes les Rome qui se sont succédé :?antique, médiévale, baroque, mussolinienne. Et surtout pour parler en virtuose et historien du cinéma des différents regards qui se sont posés sur elle :?celui des peintres, des écrivains, des réalisateurs...
"A Rome, il y a une espèce d’hybridation du temps"
"Rome, c’est vraiment une ville multi-temporelle", nous a confié l'auteur, qui?a vécu un an?dans le somptueux cadre de?la villa Médicis (en 2009-2010).?"Ce n’est pas stratifié. Dans un chantier archéologique, les plus anciennes strates sont tout au fond, les plus récentes au dessus. A Rome, il y a une espèce d’hybridation du temps, un collage de temporalités différentes. C’est un musée à ciel ouvert, qui?donne une bonne image du marasme dans laquelle la civilisation se trouve."
Pourquoi l’irruption récurrente de Bénito Mussolini dans ce roman où les siècles se heurtent et se juxtaposent? "Parce que c’est un bon exemple de?personnage avec?un orgueil pathologique, ultra-narcissique, qui rêve de laisser ses traces dans l’histoire.?D'où ce paradoxe?: Mussolini le réactionnaire?n’a cessé de détruire."
"Les jeux vidéo ressemblent à un idéal petit-bourgeois de propreté"
Pourquoi, enfin,?avoir choisi comme moteur de l'action un jeu vidéo, univers étrangers à ses précédents romans ("Fils unique", La Théorie des nuages"...)?? "Parce qu'il "y a un nombre de jeux considérables basés sur Rome", nous a dit le romancier. Et d'ajouter : "Ce qui me frappe dans?les images de Rome proposées par ces jeux, c'est que?tous les batiments sont flambants neufs. Comme dans le film "Gladiator", où il ne manquait pas une pierre, où il n'y avait pas un oriflamme déchiré?dans le Colisée. C’est un passé aseptisé. Les jeux vidéo ressemblent à un idéal petit-bourgeois de propreté."
Brillant souvent, délirant parfois,?le "Rom@" de Stéphane Audeguy peut être lu comme un livre cinglant sur la mondialisation et la chute des civilisations. Mais c'est surtout un long chant d'amour?à une?ville "baignée de fant?mes", où l'art se superpose à la ville. De ce palimpseste urbain, le romancier a tiré ses plus belles pages qui, mieux qu'un guide, valent sésame pour la ville éternelle. Comme le dit le bandeau :?"Roma, Amor ..."
-> "Rom@", Stéphane Audeguy (Gallimard, 17,50 euros)
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